Guide matériel

Mon matériel pour le GR20

Voici le matériel que j’ai utilisé ou que je recommande pour préparer un GR20 complet. L’objectif n’est pas d’emporter le plus d’équipement possible, mais de trouver le bon équilibre entre sécurité, confort, poids et efficacité sur le terrain.

Poids du sac

L’objectif principal : alléger sans se mettre en danger

Sur le GR20, le poids du sac change complètement l’expérience. Chaque kilo en trop se ressent dans les montées, les descentes, les pierriers et les passages techniques. L’objectif n’est pas de partir ultraléger à tout prix, mais de garder uniquement ce qui sert vraiment.

RepèreObjectif raisonnableMon avis
Poids cible idéal8 à 10 kg hors eau et nourriture si possible.Très bon équilibre pour avancer longtemps sans subir le sac.
Poids acceptableAutour de 12 kg hors eau et nourriture.Ça reste jouable, mais chaque descente devient plus exigeante.
Au-delà12 kg et plus, surtout avec beaucoup d’objets “au cas où”.Le GR20 devient nettement plus pénible, notamment dans le Nord.
À retenir : chaque objet doit servir souvent, protéger d’un vrai risque ou remplacer plusieurs objets. Le reste finit vite par peser plus dans les jambes que dans la tête.
Portage

Sac à dos

Le bon sac n’est pas forcément le plus grand. C’est celui que tu peux porter plusieurs heures, chargé, dans la chaleur, sur terrain irrégulier, sans créer de douleur inutile.

Quel volume selon ton mode de nuit

Le volume doit suivre ton autonomie, pas l’inverse. En refuge avec demi-pension, 35 à 40 L suffisent. En tente ou en bivouac, avec duvet chaud, matelas et réchaud, compte plutôt 45 à 55 L. Choisir trop grand, c’est s’autoriser à le remplir.

Le réglage qui change tout

Un sac bien réglé fait porter 70 à 80 % du poids sur les hanches, pas sur les épaules. On serre d’abord la ceinture ventrale sur le haut du bassin, puis les bretelles, puis les rappels de charge. Mal réglé, même 8 kg détruisent les épaules dès la première montée.

Dos ventilé ou plaqué

Un dos en filet tendu limite la transpiration sur les longues montées sans ombre du Nord. Un dos plaqué reste plus stable et proche du corps sur les passages techniques et les arêtes. C’est un compromis entre fraîcheur et précision.

Ce que je viserais

  • Un volume d’environ 40 à 50 L selon ton autonomie, ton couchage et ton mode de nuit.
  • Une vraie ceinture ventrale, parce qu’elle soulage les épaules sur les longues journées.
  • Un dos respirant, utile en été quand les montées s’enchaînent sans ombre.
  • Des sangles de compression pour stabiliser la charge sur les passages techniques.
  • Une housse de pluie ou un sac étanche intérieur pour protéger le couchage.
  • Des poches accessibles pour eau, téléphone, crème solaire, lunettes et snacks.

Le piège classique

Choisir un sac trop grand donne envie de le remplir. Sur le GR20, cette marge se paie tous les jours. Je préfère un volume raisonnable, préparé à l’avance, puis testé chargé sur une vraie sortie avant le départ.

Le seul vrai test : une sortie chargée au poids réel, eau comprise, avec du dénivelé, avant de partir. C’est là qu’on découvre un point de friction, une bretelle mal placée ou un dos qui ne respire pas — pas à Calenzana le premier jour.
Pieds

Chaussures

Les chaussures sont un élément crucial du GR20. Le terrain est très caillouteux, technique, irrégulier, et les descentes peuvent faire autant de dégâts que les montées.

Priorités

Accroche, stabilité, protection et confort. Une semelle rassurante vaut mieux qu’un modèle choisi uniquement pour gagner quelques grammes.

Trail, rando ou mid

Une chaussure de trail solide passe bien si tu es léger, entraîné et à l’aise sur le rocher. Une chaussure de rando mid rassure davantage sous une charge lourde ou sur les longues descentes cassantes.

Tige basse ou mid ?

La tige basse offre liberté et légèreté pour un randonneur habitué. La tige mid maintient la cheville si elle est fragile ou si tu portes lourd sur terrain instable.

La semelle

Une semelle crantée à gomme adhérente (type Vibram) fait la différence sur la dalle et le rocher humide du Nord. Une bonne rigidité protège la voûte plantaire sur les longues journées de pierriers.

Chaussettes et ampoules

Des chaussettes techniques anti-frottement, sans coton, changées ou retournées à mi-journée. Une couture qui frotte ou une chaussette humide suffit à lancer une ampoule.

Le rodage

Plusieurs sorties chargées avant le départ, en montée et surtout en descente. Une pointure qui accepte le gonflement du pied en fin de journée et par forte chaleur évite les ongles noirs.

À éviter : découvrir ses chaussures à Calenzana. Même une très bonne paire peut devenir un problème si elle n’a jamais été testée chargée, en descente, avec les chaussettes prévues.
Nuits

Couchage

Même en été, les nuits peuvent être fraîches en altitude. Le couchage doit rester compact, mais suffisamment sérieux pour récupérer vraiment.

Refuge, tente ou bivouac

C’est le choix qui détermine tout le reste. En refuge, un drap de sac peut suffire l’été. En tente ou en bivouac, il te faut un vrai duvet, un matelas isolant et de quoi affronter une nuit fraîche en altitude.

Sac ou quilt : la température

Je viserais une température confort autour de 5 à 10 °C selon la période et ta frilosité. En mai, juin, septembre ou octobre, je prendrais plus de marge. Le quilt gagne en poids, le sac protège mieux du froid.

Le froid d’altitude

Même en plein été, les refuges sont souvent entre 1 400 et 2 000 m. Les nuits peuvent descendre près de 5 °C, et le vent fait chuter le ressenti. Sous-estimer ça, c’est mal dormir et mal récupérer.

Le matelas et le R-value

Le R-value mesure l’isolation au froid du sol. Pour le GR20 en été, un R-value de 2 à 3 suffit généralement. Un matelas gonflable léger ou une mousse fiable change beaucoup la récupération.

Compacité et poids

Le couchage est l’un des gros postes de volume avec la tente et les vêtements. Un duvet en plumes se compresse mieux ; un garnissage synthétique tolère mieux l’humidité.

Drap, oreiller, détails

Un drap de sac est utile en refuge ou pour l’hygiène. Pour l’oreiller, un modèle gonflable léger ou des vêtements roulés dans une polaire suffisent largement.

À retenir : sur un effort de douze jours, la qualité du sommeil compte autant que le poids du sac. Un couchage un peu plus lourd mais qui te fait vraiment récupérer est souvent un bon calcul.
Couches

Vêtements

Je garderais un système multicouche simple : respirant quand il fait chaud, protecteur quand le vent ou l’orage arrive, sec pour dormir.

Couche 1 — la peau

Le t-shirt au contact de la peau évacue la transpiration. Le mérinos régule la température et limite les odeurs sur plusieurs jours, mais sèche lentement. Le synthétique sèche plus vite mais sent plus vite. Jamais de coton.

Couche 2 — l’isolation

Une polaire fine ou une doudoune légère pour les pauses, les sommets ventés et les soirées au refuge. Compacte et chaude pour son poids, c’est la pièce qui te garde au sec et au chaud à l’arrêt.

Couche 3 — la protection

Une veste imperméable et coupe-vent fiable. En altitude, un orage peut éclater vite et le vent fait chuter le ressenti. C’est une pièce de sécurité, pas un luxe : on ne la laisse jamais à la maison.

La base utile

  • Un t-shirt respirant porté et un t-shirt de rechange.
  • Une seconde couche chaude légère : polaire fine ou doudoune selon saison.
  • Une veste imperméable/coupe-vent fiable.
  • Short ou pantalon léger, selon la période et ta tolérance au froid.
  • Chaussettes de qualité, casquette ou chapeau, buff contre soleil, vent et transpiration.

Ce que je limiterais

Les vêtements de rechange doivent rester mesurés. Tu n’as pas besoin d’une tenue propre par jour : tu as besoin de pièces qui sèchent vite. Le coton est à éviter, car il sèche mal, garde l’humidité et devient vite inconfortable.

La règle des trois couches : on ajoute ou on retire une couche au lieu de tout porter en même temps. On part souvent en montée légèrement frais : le corps chauffe en quelques minutes, et on évite de transpirer dans des vêtements qu’on devra sécher le soir.
Hydratation

Eau et hydratation

La capacité minimale varie selon les étapes, la météo et ton rythme. En été, je préfère prévoir large, surtout sur les portions exposées.

Combien emporter

En conditions normales, 1,5 à 2 L entre deux points d’eau. Sur une longue étape de crête exposée en pleine chaleur, je monte à 2,5 voire 3 L. Mieux vaut un peu de poids en trop que de rationner sous le soleil.

Les étapes exposées

Certaines portions de crête, surtout dans le sud, n’offrent ni ombre ni eau pendant des heures. Ce sont elles qui dictent ta réserve, pas la moyenne de la journée.

Où refaire le plein

La plupart des refuges et bergeries disposent d’un point d’eau. Mais entre deux, il peut ne rien y avoir de fiable. On remplit dès qu’on peut, sans attendre d’être à sec.

Poche, bouteille ou flasque

La poche à eau pousse à boire régulièrement sans s’arrêter. La bouteille ou la flasque aide à voir précisément ce qu’il reste. Beaucoup combinent les deux pour le confort et le suivi.

Pastilles ou filtre

Les pastilles sont légères et sûres, mais lentes et au goût marqué. Un filtre léger donne une eau immédiate et agréable. L’un comme l’autre rassure si tu puises dans un ruisseau ou une source non aménagée.

Boire avant la soif

Sur les étapes chaudes et exposées, la soif arrive déjà en retard sur le besoin réel. Boire régulièrement par petites gorgées évite de courir après la déshydratation tout l’après-midi.

Ma règle terrain : partir avec une vraie réserve sur les longues portions exposées, et ne jamais quitter un point d’eau sûr en pariant sur le suivant. La déshydratation casse une journée bien plus vite que deux cents grammes d’eau en plus.
Navigation

Électronique

L’électronique doit aider, pas devenir une dépendance fragile. Le réseau est variable, la batterie descend vite avec le GPS, les photos et la chaleur.

Pourquoi la batterie chute

Le GPS, l’écran lumineux en plein soleil, le froid de la nuit et surtout la recherche de réseau dans les zones sans couverture vident une batterie bien plus vite qu’en ville. C’est le mode avion qui sauve l’autonomie.

Quelle powerbank

Une powerbank de 10 000 mAh recharge un smartphone environ deux à trois fois : assez pour plusieurs jours en gérant bien. Pour douze jours sans prise fiable, certains montent à 20 000 mAh, au prix du poids.

Naviguer hors ligne

Cartes et traces GPX téléchargées à l’avance, vérifiées avant le départ. La navigation hors ligne ne dépend pas du réseau et consomme peu. C’est ta vraie sécurité d’orientation, pas la connexion mobile.

Ce que je prendrais

  • Smartphone avec cartes et traces téléchargées hors ligne.
  • Montre GPS ou application fiable pour suivre l’effort et l’itinéraire.
  • Powerbank, câble court et mini chargeur secteur.
  • Lampe frontale, indispensable si départ tôt, arrivée tardive ou nuit compliquée.

La bonne habitude

Mode avion dès que possible, luminosité raisonnable, traces hors ligne et batterie gardée en réserve. Je ne compterais jamais uniquement sur le réseau pour m’orienter ou prévenir.

À retenir : l’électronique aide mais ne doit jamais devenir ton seul filet. Une trace hors ligne, une batterie gardée en réserve et un minimum de lecture du terrain valent mieux que de dépendre d’un réseau qui disparaît dès qu’on en a besoin.
Sécurité

Trousse santé

Je ne partirais pas avec une pharmacie énorme, mais je garderais l’essentiel. Sur le GR20, une ampoule ou un frottement mal géré peut gâcher plusieurs jours.

Pieds et peau

Pansements ampoules type seconde peau, tape ou strap, anti-frottements, désinfectant et crème solaire SPF50. Sur le GR20, ce sont les pieds qui lâchent en premier, bien avant les jambes.

Le kit anti-ampoules

Le plus important de la trousse. Pansements hydrocolloïdes, tape pour protéger un point chaud dès qu’on le sent, petits ciseaux et compresses. On traite une rougeur tout de suite, jamais une fois l’ampoule formée.

Douleurs et articulations

Antidouleur courant si tu le tolères, anti-inflammatoire selon avis médical, bande ou strap pour soutenir une cheville ou un genou fatigué sur les longues descentes.

Ventre et imprévus

Antidiarrhéique, sels de réhydratation et tes médicaments personnels en quantité suffisante pour toute la traversée. On ne trouve pas de pharmacie entre deux refuges.

Ce qui sert vraiment

Une petite trousse bien pensée bat une grosse trousse jamais ouverte. Pansements, tape, antidouleur, protection solaire et médicaments perso couvrent l’immense majorité des bobos réels du parcours.

Fond de sécurité

Couverture de survie, sifflet, documents utiles dans une pochette étanche, un peu d’espèces et de quoi gérer un imprévu ou une nuit non prévue.

Le réflexe qui sauve la semaine : traiter chaque point chaud dès qu’on le sent, à la première pause, sans attendre. Une minute de tape au bon moment évite trois jours à boiter.
Énergie

Nourriture de journée

Je ne me limiterais pas aux repas du soir. Les longues journées se jouent aussi dans les petites prises régulières : snacks, sel, sucre, gras, ce qui passe quand la fatigue arrive.

Combien manger

Une grosse journée de GR20 peut brûler 3 000 à 4 500 kcal. Impossible de tout compenser en marchant, mais il faut éviter le grand déficit qui te coupe les jambes au troisième jour. On mange souvent, même sans grande faim.

Facile à manger

Barres, fruits secs, noix, biscuits, compotes ou autre snack qui passe vite, même quand l’estomac est fermé par l’effort et la chaleur.

Plus salé

Saucisson, fromage à pâte dure ou équivalent si ça tient à la chaleur. Le sel et les électrolytes aident à compenser ce qu’on perd en transpirant sur les grosses journées.

Le ravitaillement

Peu d’étapes permettent un vrai réassort. Vizzavona, à mi-parcours, coupe le GR20 en deux et reste le point le plus pratique. Haut-Asco et Castel di Vergio dépannent aussi. Entre ces points, tu portes tout.

Quand l’appétit coupe

La chaleur et l’effort ferment souvent l’estomac en pleine journée. Le sucré et le liquide (compotes, boissons, fruits secs) passent mieux que le salé lourd. L’objectif : avaler de l’énergie même sans faim.

La réserve de sécurité

Je garderais toujours une petite marge : une barre et un repas lyophilisé d’avance. Un retard, un orage, un refuge complet ou plus loin que prévu, ça arrive vite.

Le piège classique : partir trop léger en nourriture pour gagner du poids, puis s’effondrer en énergie sur les longues étapes. Sur douze jours, le déficit s’accumule. Mieux vaut quelques snacks en trop qu’une fringale en pleine montée.
Retour d’expérience

Ce que je reprendrais

Ce sont les choix que je garderais sans hésiter, parce qu’ils apportent du confort, de la sécurité ou une vraie efficacité sur le terrain.

Portage et pieds

  • Sac confortable et pas trop grand.
  • Chaussures déjà testées.
  • Bâtons, si tu les utilises déjà ou si tes genoux les apprécient.

Protection

  • Buff et casquette.
  • Vêtements respirants.
  • Veste pluie fiable.
  • Système d’eau simple et robuste.

Sécurité pratique

  • Lampe frontale.
  • Powerbank.
  • Trousse ampoules.
  • Cartes et traces hors ligne.
À ajuster

Ce que je changerais

Je garde volontairement cette liste prudente : elle dépend de la saison, de ton mode de nuit et de ton niveau d’autonomie. Mais l’idée reste la même : moins de doublons, plus de cohérence.

Poids et doublons

Je réduirais encore le poids des vêtements, j’éviterais les doublons inutiles et je me méfierais des objets “au cas où” trop lourds, surtout s’ils ne servent ni souvent ni à gérer un vrai risque.

Préparation

Je testerais davantage certains éléments avant le départ, notamment le sac chargé, les chaussures en descente, la veste pluie et la manière de répartir nourriture et eau selon les étapes.

À éviter

Les erreurs à éviter

Le GR20 ne pardonne pas toujours les mauvais choix répétés. Beaucoup d’erreurs ne sont pas graves seules, mais elles s’additionnent avec la chaleur, la fatigue et le terrain.

Matériel non testé

  • Partir avec des chaussures neuves.
  • Ne pas tester son sac chargé.
  • Trop compter sur le téléphone ou le réseau.

Poids inutile

  • Prendre un sac trop lourd.
  • Emporter trop de vêtements.
  • Ajouter des objets “au cas où” sans vraie utilité.

Risques sous-estimés

  • Négliger la chaleur.
  • Oublier la protection solaire.
  • Sous-estimer les descentes.
  • Oublier la prévention des ampoules.
Avant départ

Checklist express avant départ

Cette checklist n’est pas une vérité absolue. Elle sert de dernier passage en revue pour ne pas oublier les familles d’équipement importantes.

Portage

Chaussures

Couchage

Vêtements

Eau

Électronique

Santé

Nourriture

Documents